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Et maintenant, je viens de marcher dans le froid, j'aime ça, en marchant dans la rue, on est sujet à plus d'allusions et donc plus de pensée que dans sa chambre. J'y repensais donc, concluant qu'en dépit de mon handicap racial, mon geste corrobore la pensée de ma disserte.
Il y a C. (Je n'utilise pas L car dans cette histoire, il y en a plusieurs différentes)
Je suis à cette table avec des amis depuis bientôt une heure dans l'attente du début du concert, nous buvons, partageant nos exploits de la journée, devinant ceux de la soirée. Et puis C arrive, elle s'assied à la table en face de la notre, elle est accompagnée par un blond que je ne cible pas encore très bien. Quoiqu'il en soit, le visage de C m'est familier, il y a en effet une vague ressemblance avec une connaissance. Il fait sombre pourtant ces cheveux me semblent blonds, elle est à peine plus petite que ma soeur, et d'une allure élancée. Assurément, elle est plus que mignonne. Je reporte mon attention vers mes compagnons et mon verre, ma voisine est égayée par le demi demi(12.5cl) qu'elle vient de boire, tous me paraissent se divertir.
Le concert commence et je réalise que C nous observe. Conclusions aux faits suivants, l'angle scène/C/notre table fait bien 90°, derrière nous il n'y a qu'un mur. Au début je m'imagine qu'elle regarde, dans notre alignement, la carte des boissons, mais à la troisième pinte, l'hypothèse s'annule d'elle même.
Elle est définitivement en train de fixer notre table. Biensur, j'évite de croiser son regard, ce qui aurait pour effet immédiat de la faire se détourner, je préfère la laisser continuer. Je ne peux donc pas la regarder, alors je décide d'enquêter à ma propre table, il y a en garçons F, T, P, et moi, mais P lui tourne le dos, occupé par ses deux cousines et ne se retourne que rarement. Il y a aussi deux autres filles, mais elles sont trop occupées à rire aux bons mots de F et T, moi-même étant assis entre leurs sourires.
Alors P se retourne et me dit discrètement, si discrétion il peut y avoir dans un pub un soir de concert, "Eh mec, je crois que la grande blonde flash sur moi" concluant avec son sourire en coeur. Moi, pas convaincu par son point de vu, je réponds que certes, elle fixe notre table, mais que l'incertitude demeure néanmoins sur la personne. Alors nous convenons d'une expérience d'arbitrage, je me déplace sur le banc, de sorte qu'au moins un mètre nous sépare l'un de l'autre. Et là, grande surprise, c'est moi que son regard suit, plus de doute possible! P lui-même reconnaît la chose et ne manque pas de témoigner sa hargne d'un "putain je suis vénère, ce n'est pas moi qu'elle admirait!". "Tu as une copine lui répondé-je, "ça n'empêche pas les sentiments" aurait alors dit l'ancien, mais bon devant la terrible évidence, il se ressaisit d'un "Ouais, n'empêche que je suis vénère!". Alors je relève les yeux, et la fixe à mon tour, de ce regard en coin qu'on oublie pas... Sortant de son flou, C remarque que je la regarde aussi, je lève mon verre, accompagnant mon geste d'un mouvement de la tête. Elle se ressaisit, sourit, et retourne sa tête vers la scène tout en essayant de garder notre table dans son champ de vision. La question qui se pose est alors, son compagnon de table est-il son copain?(1) Nous partageons notre interrogation avec le reste de la table qui se divise par sexe, l'un pensant que oui, l'autre que non, pour ma part, il me semble étrange qu'une fille accompagnée de son copain passe sa soirée à dévisager ses voisins. Soudain la situation change, deux amies à nous débarquent dans le pub. J'en avais déjà rencontré une l'année précédente, ne voyant plus de place autour de la table, elle décide de s'asseoir sur mes genoux. Et cela sous les yeux écarquillés de C, P se marre. C dit quelque chose à l'oreille de son compagnon qui nous regarde à son tour. Il s'en suit alors une drôle d'escalade entre les deux tables où P pelotant sa voisine et où quelques mains faisant réagir mon amazone, seront suivis de rapprochement suspects entre C,qui continuera néanmoins à nous fixer toute la soirée, et son compagnon. Plus tard dans la soirée j'ai croisée C sortant des toilettes, elle a eu ce sourire oscillant entre le "oups, c'est gênant", le "Ah salut" et le classique "JF blonde 1m76..." mais bien entendu, je n'ai pas osé l'approcher, vue à la lumière, elle perdait de son charme. Pourtant je ne statue toujours pas sur son compagnon.(2)
Mais la soirée est loin d'être finie, je remarque à une autre table voisine, une fille magnifique, une de ces filles dont on garde une photo sur son portable ou ipod, comme référentiel esthétique. Blonde et bronzée à l'excès, elle a des yeux qui a eux seuls justifient qu'on la regarde 20min, mais L est bien entourée, trop peut-être. P revient du bar avec un verre plein, et un post-it, il pose le verre devant moi, et me montre ensuite le papier, sur lequel je lie nos noms et numéros(en commençant par moi). P me met au défis de le donner à L. J'accepte, je me sens parfaitement clair, trop pour me permettre de me lever de lui glisser dans une poche et repartir, le regard creux, et la démarche hésitante, en fait je suis parfaitement sobre! Je réfléchis donc, il y a trop de monde autour d'elle pour que je la prenne en aparté. Pendant ce temps, P brule le contour du papier avec un briquer, un grand romantique dans l'âme. Il me le tend, il a quand même réussi à bruler le P de mon prénom. Au bord de l'abandon nous convenons avec P et M d'aller nous coucher pour nous préserver pour la course du matin, il est déjà plus de 2h un mercredi soir. Nous nous levons, et sortons, L est juste devant la porte, P passe comme si de rien n'était, moi je laisse s'arrêter mon regard sur ses yeux en marchant, elle le remarque. Dehors P m'exhorte une dernière fois. J'accepte, je me retourne, ouvre la porte, contourne les trois garçons qui l'entoure, me penche à son oreille, et lui témoigne mon bon goût, lui glissant en même temps le post-it, elle serre le papier calciné, et m'offre son plus beau sourire, je repars satisfait.(3) P me demande deux fois la confirmation que je lui ai bien donné et accepte de m'appeler "papa". C'était un de ces sourires parfaits, ceux qui rendent niaises les interminables hésitations qui ont pu le précéder.
25/06/08
Ma soirée du 21 avait été prévue de longue date, j'avais aussi prévu l'éventualité de recroiser plusieurs connaissances, c'est ainsi que je suis allé à ce rendez-vous culturel, prisé par les jeunes bacheliers, et autres... Tentant de me frayer un chemin dans la foule compacte, tout en gardant la main de la fille qui me suivait directement, je cherchais des yeux les dépressions dans la masse qui m'auraient permis d'avancer plus aisément, c'est alors qu'une image bloqua mon attention, je ne l'avais pas encore identifiée, mais j'étais convaincu d'avoir vu quelque chose de familier. Je m'arrêtai, et commençai mon panorama, j'avais déjà passé en revu un bon 65° quand je compris ce qui m'avait interpellé, un haut rose pâle comme le visage, une chevelure blonde, et un regard bleu, L se tenait à quatre mètres de moi. Je pris quelques secondes le temps de reprendre mes esprits. Puis sans plus attendre, je lâchai la main de ma camarade, marchai vers L, l'approchant dans son dos, me penchant sur son oreille et renouvelant mon premier compliment. Elle se retourna, leva les yeux et se souvint dans la seconde avec ce sourire si caractéristique. Sur ce, je la saluai, lui souhaitai une bonne soirée, et la quittai. Sur une place noire de monde, je l'avais retrouvée sans la chercher, aucun doute que j'y arriverai de nouveau, à trop la chercher, je perdrais le plaisir de la trouver.
Note :
1) Question inutile par excellence.
2) La réponse est aussi inutile, on commence par ça pour se trouver un prétexte pour ne pas y aller.
3) Je suis en réalité tout retourné, je m'attendais plus à de l'incompréhension, ou à un rictus de la part de L, mais elle a souris. Si seulement... je l'aurais accosté immédiatement, et j'aurais ainsi commencé sa connaissance plus tôt. Un pucelage comme celui là on ne le perd qu'une seule fois, ensuite ce n'est qu'une tentative de reproduction.



