Dans mon cas, avoir un pied (celui de maman) dans la vie du lycée, et un autre au cul (celui de mon père), à cause de ce qu'avait pu entendre le premier, ce ne fut pas qu'une attraction, certains diront que le premier m'a fait retirer les félicitations(en 3eme) pour m'éviter un repos immérité sur mes lauriers au premier trimestre, il y aura du vrai. Mais cette entrée avait aussi son lot de découvertes, saviez-vous par exemple :
Mich** T'k*** de ... notre bien aimé délégué au CA avait en son temps(cette année) fait la proposition que des représentants des trois principales religions, viennent tenir des conférences pendant la semaine banalisée, lui même connaissant un curé(j'ignore en réalité la chair occupée par ce bon chrétien) qui viendrait volontiers. Le CA lui avait alors expliqué le caractère de prosélytisme que représenterait de telles conférences, prosélytisme en contradiction avec les fondements laïques de l'école républicaine. Il se défendit d'avoir de tel dessein, en appelant à l'aspect historique, il lui fut alors répondu que des professeurs d'histoire du lycée étaient alors pleinement qualifiés. Mais selon lui un professeur était incapable de transmettre l'idée du "pourquoi on est croyant", "alors c'est du prosélytisme!" lui répondit-on. Le sujet allait être clos quand un parent tenta "et puis tu sais, pendant la semaine banalisée, aucun élève n'irait à cette conférence", relevant la tête il lança comme on lance sa crédibilité électorale dans un crachoir "je comptais bien qu'elles soient obligatoires!".
Comme quoi, l'austérité et le sérieux apparents ne sont pas garants d'un réel rationalisme et d'une pure sainteté d'esprit!
Je règle aussi un détail, quand j'écris "l'état français" sans majuscules dans un article économique du journal du lycée(sisi il existe), il me semble déplacé de me reprocher de faire un amalgame "inadmissible" entre le gouvernement de Vichy, et une success story financière... crastinorien!
Plus amusants maintenant, ma mère ayant à la sueur de son front gagné un poste de "responsabilité" que personne ne veut au sein d'une fédération, ouvrant pas mal de possibilités. Comme chaque année, ma mère recevait une liste complète de tous les élèves du lycée imprimée deux fois, la première avec un classement alphabétique, et la seconde par section/classe, chaque liste présentant donc les noms, dates de naissances, régimes, et options... utile pour se renseigner, je connaissais ainsi les six personnes du lycée étant nées un 10 décembre, mais aussi deux trois choses sur deux trois filles selon un schéma inévitable, à partir d'un prénom, j'obtenais un nom, une classe, une date de naissance, et la liste de nos connaissances communes en ouvrant quelques tiroirs supplémentaires j'avais un emploi du temps détaillé, le nom de ses profs(à réutiliser), et une vague idée de son goût pour les conflits avec les profs(via cahiers de classe). L'étape suivante est simple, à la bibliothèque, ou en entrant directement dans sa classe on va lui remettre son numéro en l'invitant à appeler, étonnement ça marche très souvent, pour ne pas dire toujours, mes seuls contre-exemples je les attribue aux rires d'un pote à côté de moi lors de la man½uvre, ou à un manque flagrant de sincérité. Mais je tiens l'attente de l'appel pour une activité peu virile:D bien qu'amusante par ce qu'elle implique. J'ai donc encore utilisé le personnage parent d'élève de ma mère, en effet elle connait mieux les cpe et les autres employés que moi-même, voici la scène :
j'entre dans le bureau du cpe, celui-ci absent, je suis reçu par une pionne(bonne chose)
"Bonjour, je suis le fils de Madame Moulin, elle aurait voulu avoir un numéro pour pouvoir joindre L en ***(classe) en vue de son conseil de classe, mais comme je n'ai aucune idée de à quoi elle ressemble je suis venu ici..." bien sûr je lui sers ma plus belle gueule d'ange, plissant le front à la Clark Gable, le regard soucieux, la tête à peine penchée en avant, et ma veste portée sur mon bras gauche replié.
La pionne me regarde un instant et se lève "Je dois avoir ça, en quelle classe m'as tu dit qu'elle était?"
Ça marche! Elle fouille dans un tas de fiches de renseignements, vous savez ces fiches que vous avez remplies au début de l'année, elle me dit qu'il n'y a deux numéros fixes("parents divorcés?" me dis-je...), je profite de l'hésitation pour lui suggérer d'écrire aussi le numéro de portable de L si il y en a un, elle survole la fiche lève la tête en souriant et s'exécute.
Et voilà en deux minutes j'ai obtenu un numéro de valeur, et lorsque inquiète, L me demande comment j'ai eu son numéro, je lui réponds la vérité, "aux renseignements" un sourire au lèvre, elle apprécie.
Sinon j'ai encore un fait d'arme que je partage avec Gui et E. Dantès, tellement fort qu'on l'a laissé anonyme et qu'on le laissera ainsi jusqu'à après la prochaine rentrée, pour pouvoir nous confesser auparavant auprès des ayant droits. La jouissance est imparfaite tant que la gloire ne nous est pas attribuée... "comment?"