13.5m2

Je me réveille, arraché par un grincement venu du rez de chaussée. Il est 7h00, ma journée ne commence que dans une heure, mais il me sera impossible de me rendormir, surtout avec cette pluie qui fouette la fenêtre. Je me lève et regarde au dehors, il fait gris, encore un de ces jours ou l'on ne se sentirait bien que sous 20cm de couverture, acceptant tout juste le chant des flamands roses. Il me reste assez de temps pour une toillette. En marchant je bouscule une pile de livres et de fringues, parterre je reconnais une couverture, puis son contenu, les pages sont gondolées d'avoir trop bu, elles ne doivent plus dire la même chose, c'est un peu moi. Je prends le chemin de la salle de bain, au passage je pose le livre sur mon bureau et déniche une enveloppe. Mes membres sont lourds, et l'eau dans mes cheveux libère une sale odeur de tabac froid. la radio annonce de belles choses pour la journée, elles ne sont pas pour moi. Je connais déjà cette journée, je l'ai déjà vécue, alors essayons de la revivre mieux. Il est l'heure de partir, je descends un bonjour puis je monte dans la voiture, ça commence toujours ainsi. J'arrive à l'heure, m'installe sur un côté et sors de quoi prendre des notes, essayons d'être crédibles. Le temps passe et à midi, je suis libéré, je ne me sens pas moins con, mais il faut passer par là dit-on. J'aperçois une connaissance, mince je l'ai oublié, tant pis, il sera toujours temps plutard.
Je retourne d'où je viens. Je marche dans la rue, j'ai l'impression de me cacher, je réfléchis et aucune raison valable pour un tel comportement ne m'apparaît, alors je continue, inquiêt, une voix puis une main m'arrêtent, je me retourne et une fille brune de taille moyenne au visage familier me demande si nous ne nous serions pas déjà rencontrés dans une conférence. Je réfléchis un instant et soudain l'éclair, je l'ai déjà aperçue dans une réunion de comité, mais c'était il y a longtemps. Elle comprend à ma réaction que je l'ai reconnue, mais ce n'est pas normal, toutes les personnes présentes cette nuit là dans ce sous-sol sont mortes peu de temps après, elle ne peut pas l'ignorer. Alors je réagis de la seule façon satisfaisante pour moi, lui répondant par l'affirmatif, précisant que je ne vai plus aux alcooliques anonymes depuis des années. Elle paraît suspecte à mon égard, je lui dis que je suis attendu et la laisse. au premier carrefour je monte dans le premier bus que j'aperçois. Il me faut m'éloigner, partir loin, et recommencer. Comment m'ont ils retrouver, j'ai fait le mort pendant quatre ans, mon nom n'a jamais été écris nulle part. Un tour sur moi même, et me voici chez moi, j'embarque le principal il faut aller vite. La sortie de mon immeuble est barrée par des voitures de police, je passe donc par l'arrière boutique de la pizzeria du rez de chaussée et sors comme un simple cliant, lê visage cacher dans une boîte encore chaude. Je marche lentement, et puis un cri, c'est mon nom, des personnes courent. Je me retourne ils sont après moi, je lache mon sac et la boîte et me met à courir à mon tour, le chant des sirènes recommence. je tourne et saute par dessus un tas de gravas. J'ai l'étrange sentiment d'être léger, trop même pour courir à cette vitesse, alors j'essaie, c'est irréel et pourtant je m'envole et retombe sur le toi d'un immeuble, je cours toujours. Mais comment ai-je fait, je m'étais pourtant réveillé comme tous les matins, alors pourquoi étais-je maintenant dans ce qui ressemblait à un mix entre GTA, Matrix, et un clip des Red-Hot? Soudain une porte s'ouvre à ma droite, L me dit "tu viens on va se promener?". Alors je suis expiré vers mon lit, je me suis encore endormi habillé, il était vachement tordu celui la... Dans l'après midi, je vai écumer le sous-sol d'une librairie, ils n'ont toujours pas traduit In search of Captain Zero : a surfer's road trip beyond the end of the..., j'attendrai encore.
Le soir venu alors que je reviens de je ne sais plus où, je remarque une masse en mouvement dans le caniveau. Je m'approche, intrigué, c'est un hérisson, pas très gros, il fuit deux mètres plus loin sous une voiture stationnée. C'est un 4*4, et sa hauteur me laisse admirer mon nouveau camarade. Alors je m'assieds contre le mur, et j'attends, il ne bouge pas. Je reste là une demie heure à le regarder tourner en rond dans cette rue, et une voiture passe puis une seconde, alors il traverse et repart vers un terrain vague de l'autre côté, lui était peut-être attendu. Alors je reprends ma marche, je passe devant un panneau d'affichage recouvert d'une immonde pancarte jaune, en vérité il y en a plusieurs sur plus de 6m^2, instinctivement je me saisi de ma clef et arrache méticuleusement l'intégralité de la propagande, consciencieux, je jette dans une poubelle le fruit pourri de ma récolte, un beau geste pour le monde. Trois rue plus loin, encore les mêmes affiches, et bien exposées en plus. Les couches successives forment un carton que l'on arrache aisément, c'est fini. J'imagine qu'en repassant devant j'en serai fier, ou bien tout sera déjà revenu...

# Posté le dimanche 23 mars 2008 13:54

Modifié le lundi 24 mars 2008 13:43

Valloire 23/02/08-09/03/08

J'ai vu un sourire, et en l'espace d'un instant, j'ai compris que la timidité était un obstacle au bonheur.

# Posté le mardi 11 mars 2008 07:14

La nuit

La nuit
23h53
Ce n'est pas l'éthanol, mais le Coca-Cola!
Le désir est-il la marque de la misère de l'homme? J'aime! Je l'aime!
Une disserte, c'est toujours l'occasion de ranger son bureau, une pub pour un traiteur asiatique, j'aurais pris des Yakitoris; le talon d'un billet d'avion à destination d'Antalya, surement tombé d'un livre; une vieille enveloppe que je me revois en train d'ouvrir, son contenu doit être en haut; une copie de contrôle d'Espagnol datant de la seconde, poubelle; le croquis d'une cape de pluie qui m'attend toujours en haut; des épingles...
Bref, je sais déjà ce que je vai écrire... pendant bien deux-trois heures, et ensuite, il n'est pas dit que j'aille dormir, je mets donc mon Gmini en charge.

02h25
Je n'ai plus rien à boire, il n'y a plus que l'envie de pisser pour m'empêcher d'avoir sommeil. Oui, je sais. J'ai écrit, beaucoup écrit, en réalité, j'ai surtout tenté d'introduire de la rigueur dans la masse qui m'avait envahi, ça commence à ressembler à quelque chose de lisible, et même de compréhesible.

03h35
Un bruit, je suis toujours en train de gratter, c'est la porte de la maison, elle rentre, moi qui avais imaginé l'accompagner. A l'évidence, ça m'aurait trop usé. Je reprends.

04h00
Je commence à regarder Snatch...

Bon, je ne peux pas(plus maintenant) refaire heure par heure le déroulement de ma soirée, je sais juste que je n'ai pas dormi cette nuit là, j'ai dû finir ma disserte vers 5h30-6h, puis je l'ai recopiée, c'était sans doute la première fois que je faisais un devoir au brouillon. Pour tout dire, j'ai écrit ma conclusion en cours, ce qui m'a laissé le temps de relire ma copie. Et ma foi, j'en suis satisfait, même si le résultat devait se lire en un chiffre, je la recopierais ici. Après tout elle traite d'un thème qui m'est cher, et peu de devoir m'on jusqu'à présent tant diverti.

# Posté le vendredi 22 février 2008 18:16

Modifié le dimanche 23 mars 2008 11:11

:)

:)
Tout ici respecte deux choses, l'anonymat, et les faits...
Ce qui est écrit reste fort banal, si bien que pour chaque mot, situation, ou pensée, reportés ici, je pourrais trouver une infinité d'auteurs.

"Elle s'est faite "pécho", on s'en branlait tous, mais elle a nié, alors c'est devenu honteux."
Cette phrase par exemple que l'on m'accuserait de placer ici contre une personne en particulier, je rétorque que non!!! cette phrase est en fait une pure marque d'autodérision, et je pense que sur tous les 6 visiteurs quotidiens que compte cette page, bien plus d'un l'on compris ainsi :
"Il l'a pécho dans les chiottes, on s'en branlait tous, mais il/elle a nié, alors c'est devenu honteux."(pourtant il y avait vidéo, et eux-mêmes l'avaient). Si réellement je ris de quelque chose ou de quelqu'un, c'est de l'homme, et de son orgueil.

Maintenant bon, on est prévenu, un ami me le répétait encore récemment, "le problème c'est qu'il y aura toujours des gens sans humour", il y en aura toujours qui tomberont dans l'hyperbole. Alors relativisons, je pique odieusement ces mots à un ami, mais par leur sens même, il me le pardonnera.
En gros c'était ça : "J'ai lu, et ce que j'ai lu, il m'est aprfois arrivé de constater que je l'avais déjà pensé moi-même avant d'ouvrir un livre, juste parce que le propos m'a touché avant le nom de l'auteur."
merci padrino

Alors voilà, une conclusion simple est que je ne suis pas unique par ce que je fais ou dis, si un jour je le devenais, ce serait salué d'un prix nobel, ou d'une quelconque récompense, je suis par contre unique dans mon existence, car l'ensemble des faits et pensées est lui unique. Pour mieux toucher l'individu, je morcèle, delà, les seuls textes que je ressente comme vraiment miens, sont justement ceux réunissant le plus de faits, et pensées.

J'ai la terrible impression de me répéter, et la répétition provoque l'ennui, c'est là la principale raison de la mort de mes mains.

# Posté le vendredi 15 février 2008 15:44

Modifié le vendredi 02 mai 2008 11:50

hug, grand chef!

La masse compacte des élèves dans un espace réduit du gymnase. Au sol des lignes blanches rouges, or, bleues, qui quadrillent la surface, marquent chacune dans leur couleur respective les limites du terrain de telle ou telle discipline sportive, jeu de ballon principalement. De la masse compacte des élèves, le professeur de gymnastique extirpe les deux meneurs de jeu, ceux qu'il appelle les fortiches, ceux que les filles appellent les athlètes, ceux que j'appelle, personnellement, les encombrants.
Après chacun d'entre eux sous l'oeil approbateur du professeur de gymnastique choisit qui jouera dans son équipe, dans son camp. La masse se désagrège, les élus se regroupent vers l'un ou l'autre des meneurs, jeunes garçons triomphants, solaires, aux pleins pouvoirs.
Les premiers qui les rejoignent exultent. Dès qu'ils sont choisis ils sautent de joie, tapent bruyamment sur les épaules des meneurs qui, petits seigneurs, laissent pareillement éclater leur joie :
- Ah j'te voulais dans l'équipe ! J'aurais été trop dègue (abréviation de dégoûté) de pas t'avoir dans l'équipe ! ".
Laissé de côté, dans la partie inversée du sablier des biens portants, les cuisses nues dans mon short noir je baisse les yeux et regarde au sol les lignes multicolores qui se chevauchent s'entrecoupent, un barbouillage confus qui me donne la nausée. Je me demande comment ils s'y retrouvent là-dedans. Comment les profs de gym doivent connaître ça par coeur, les lignes de couleurs, pour valider leur diplôme.
Quant aux filles, même les filles passent devant moi. Même les filles sont choisies par l'un ou l'autre des meneurs avant que l'on s'intéresse à moi. Il n'en reste bientôt plus que six ou sept, ça prend son temps quand nous ne sommes plus que six ou sept, cela devient un choix par élimination, ce qui signifie que c'est nous les encombrants, nous et personne d'autre, j'ai un système de pensée inversée ou quoi ?
L'instant devient critique quand il ne reste plus qu'à trancher parmi deux candidats à la honte, Philippe Moulin un petit gros solitaire en survêtement marron dont le prof de gymnastique dit que malgré ses kilos il n'en mène pas lourd sur le terrain ; et si Philippe Moulin vient à entendre cette blague le prof de gym ne manque pas d'ajouter que ce n'est qu'une blague, que c'est pour rigoler, ce que Philippe Moulin sait pertinemment de toute façon, puisqu'il y a toujours une bonne partie de la classe pour rigoler. Donc il reste Philippe Moulin et moi, et c'est à cet instant précis que vient la délivrance, dans un sentiment de gène écarlate qui ne m'a pas quitté depuis le début, j'entends mon prénom, c'est moi qu'on choisi, hip hip hip hourra, et l'équipe au grand complet de me tapoter sur l'épaule, je suis trop fort, j'ai battu Philippe Moulin, j'ai écrasé Philippe Moulin, ah ah trop fort, c'est lui le dernier et pas moi, cet encombrant de Philippe Moulin qui s'en va tout penaud dans son survêtement marron rejoindre une équipe qui se désagrège dès son arrivée, se disperse avec résignation sur le terrain de jeu.

# Posté le lundi 28 janvier 2008 05:00

Modifié le mercredi 02 avril 2008 11:59