# Je me souviens encore parfaitement de cette nuit, je m'en souviendrai longtemps... C'était l'été 2006, je venais de passer deux semaines en immersion linguistique totale au fin fond de la Mancha, dans une ville appelée Casas Ibañez. L'ayant encore à l'esprit, je m'étais abstenu de toute relation jusqu'à mon départ. Dans une erreur logistique de ma part, je pris le train un jour trop tôt, faisant le trajet de jour dans le wagon caféteria. Je devais cependant prendre un train de nuit pour finalment arriver à Paris, je fis donc le nécessaire pour avoir une place dans le train partant ce soir-là.
Plus de place en couchette, j'eus donc droit à une place en wagon normal. Je retournai attendre dans la gare, après que je désépérai de voir venir mon tour pour la seule prise électrique disponible dans le hall, j'allai prendre un verre au café des sports adjacent, prenant mon temps pour profiter de la musique que jouait un voyageur à proximité. Quinze minutes avant le départ du train, je m'installai sur le quai et observai. Il y avait là un bon échantillon de la population Francilienne, je remarquai un couple d'une vingtaine d'années, dont la fille me parut magnifique, brune, les cheveux attachés, les yeux sombres, sans maquillage. En face de moi se tenait l'exact opposée de cette madonne, une petite brune aux cheveux fillasses, et à la posture fort mauvaise, elle portait un T-shirt foncé, avec un diesel(faux) et une paire de Vans, je n'accorde d'habitude aucun intérêt à la tenue, mais cette jeune fille n'avait décidément aucun sens esthétique, je vis très vite qu'elle me fixait et lorsque de la plus anodine des façons mon regard la croisait, elle détournait le sien affichant un air méchant, jusqu'à ce que le mien s'éloigne. Je sais esquisser instantanément ce regard méprisant qui met vraiment mal à l'aise celui qui le reçoit, ce que je vis sur ce quai n'en avait rien, il paraissait si artificiel que je me dis que la jeune fille devait penser que cette austérité donnait de la profondeur à son être. Ayant fait le tour des voyageurs présent sur le quai, je pris mon baladeur et me choisis un autre Supertramp(Dreamer).
Le train arriva, j'entrai vite, souhaitant éviter le désordre des autres, et m'assis. J'étais déjà installé lorsque j'entendis en bruit de fond "c'est ici". Sans tourner la tête, elle s'installa précipitemment à coté de moi soucieuse de ne pas laisser le choix à son frère la suivant. Je finis par tourner la tête, elle était tourné et sans se lever elle aida son frère à monter leur bagage. La mère tentait d'avancer dans l'allée, elle eut alors un regard sur moi, puis sur sa fille, et s'assit.
La batterie de mon Gmini me lacha en plein "raining again", je l'éteignis, hésitai, puis retirai les écouteurs de mes oreilles. Par prudence je pris un livre.
Et deux minutes plutard, ça commença :
E: T'habites à Paris?
M: Non dans les haute-seine.
E: Ah! Moi à pétaouchnok.
M: ^^ C'est où?
E: Dans la Val-de-Marne.
M: Je connais que Nogent là-bas.
E: Oué c'est...
Et là elle commence à me refaire tout l'itinéraire entre Nogent et son bled, puis elle s'arrête et me fixe.Je laisse le silence s'installer.
E: T'as une copine?
M: Non. assez sec
E: Ah bon?!
quand une jeune fille feind l'étonnement avec subtilité ça peut-être agréable, mais la subtilité n'était pas de ses qualités qu'il me restait encore à découvrir... Au lieu de cela, je croyais revoir un très bon ami à moi mimant outrageusement les traits de diverses pouffes de notre entourage.E: Nan parce que t'es mignon quand même.
Bien évidemment je reste stoïque, même si ces mots sont flatteurs, ils n'ont aucun effet venant de cette bouche. Alors j'utilise la réponse qui normalement, avec des gens normaux apporte instantanément la tranquilité.M: J'avais.
là encore assez secE: Et bah voila!
M: ???
E: Vous êtes tous les mêmes, on peut jamais savoir ce que vous voulez!!!
Bon alors une fille qui feind avec toujours aussi peu de subtilité la révolte... De plus, du haut de ces quinze ans, peut-être ses expériences sociales lui ont été plus instructives que je ne l'aurais imaginé, ou alors, beau comme elle me trouve, l'idée que l'on me jette, comme je l'avais suggéré, ne l'a même pas pénétrée. Bref je sentais déjà les limites de ma voisine...M: C'est elle qui voulait.
Il faut lui faire les sous-titres.E: Aaahhh.
Là, elle avait vraiment l'air sidérée. Puis le silence de nouveau.Pendant que ma voisine résonnait sur mes six dernières syllabes, je faisait déjà le bilan de ma situation. J'étais assis dans un train à côté de l'archétype même de la petite pouffe, train arrivant à destination le lendemain à 8h30, il était alors 21h. Je la sentais remuer, cherchant le contact, pendant que je tentais de lire, dès que je cessai de m'appuyer sur l'accoudoir central, elle le redressa, il n'y avait alors plus de frontières, plus de limites. Elle commençait à ce rapprocher de moi quand je me levai et la forçai à se recentrer pour me permettre d'accéder à mon sac pour y ranger mon baladeur, alors je constatai que la moitié du wagon face à moi était absolument vide, je réfléchis*.
Quelques minutes plutard elle fit le même constat
E: T'as vu , 'y a personne en face!
M: *Oui, je pensais attendre la dernière station avant d'aller m'y allonger.
La dernière station passée, nous nous levons, prévoyant déjà la suite je fais exprès de m'installer sur une autre banquette que la sienne...
Sa mère arrive au bout d'une minute. Je suis génial!
MM: Ah,
et bas comme ça je sais de qui la fille tient son don pour le jeu, vous êtes bien installés?
M: oui c'est mieux ici, on peut s'étendre.
Il me faut être rassurant, elle en a besoin...Et elle s'en va, elle ne reviendra pas, mais je l'aurais quand même guettée toute la nuit pour surveiller son sommeil.
Enfin l'obscurité s'installe, et les dernières veilleuses s'éteignent. Alors elle s'assied à coté de moi. Nous parlons, elle me raconte ses histoires de c... ses ex(tous joueurs de rugby de 4ans ses ainés), ses sorties dans les clubs de la capitale. Et pendant tout ce temps je reste silencieux au maximum, il n'y a qu'un seul secret : les faire parler d'elles-même(tu ne me l'avais même pas encore dit). Bref, chaque mot me confirme que je ne fais pas partie de son monde, ou du monde de ses copains, encore heureux pour moi. Et puis vers minuit sa conversation s'épuise, la sentant hésitante, je me mets à regarder frénétiquement ma montre toutes les cinq minutes, elle finit par réagir et demande ce qu'il y a, je réponds qu'il est déjà presque 1h et que je n'ai toujours pas sommeil, elle ne réagit pas. Entre temps elle a reposé sa tête sur mon épaule. Au bout de vingt minutes elle se redresse, et me dit "tu aimes les surprises?". Et bah là, on touchait le fond, moi qui aime les séductions genre 18e-19e siècle, quelle désillusion!. Commençant à me lasser de son inactivité, je lui réponds un "Vas-y" qui se veut enthousiaste. Après deux secondes de réflexion, elle monte à cheval sur moi et commence à me pomper la salive. Elle se redresse.
E: Tu t'y attendais?
M: Oui.
assez secBon je n'étais pas surpris par son comportement, mais je l'étais quand même face à la situation, je fis donc un nouveau bilan de ma situation, il était 1h passée, j'étais assis loin de tous regards indiscrets sous la même pouffe qu'avant, j'avais deux préservatifs au fond d'un sac, aucune envie de les utiliser et le train arrivait dans un peu moins de 7h. Elle se replaça sur le coté, pas conne, elle comprenait que la position qu'elle avait provoqué possédait ses limites. Alors j'appliquai à la lettre le livret du parfait gentleman que j'avais rédiger quelques mois plutôt, en cas de pelotage de la sorte, la main disponible ne doit pas restée inactive, elle doit au contraire développer la sensualité de la partenaire, elle carresse donc la cuisse la plus accessible, puis se glisse dans l'entre-jambe au niveau des genoux pour doucement remonter vers le haut. Attention nuance, si la fille ne réagit pas, il faut lui laisser le temps de comprendre se qui va se produire en se faisant moins direct, si la jeune fille resserre les cuisses, soit elle laisse son corps s'emporter, auquel cas elle devient très vigoureuse dans ses baisers, soit elle cherche à immobiliser la main indélicate, il faut alors continuer à la remonter en la sortant progressivement pour lui carresser les cheveux ou quoi que ce soit de rassurant. Mais si la jeune fille écarte les cuisses et se replace sur son siège pour ne plus se présenter que de profil, sans aucune hésitation sur ses possibles réaction, il faut viser la rose, même assise elle aura légèrement tendance à se cambrer à ce moment. Si l'humidité se sent même à travers son jeans, lui demander de retirer sa ceinture, sinon le faire soi-même(délicatement biensur, il ne faut pas qu'elle ressente la moindre pression). Une fois le premier bouton défait, introduire sa main juste pour caresser le mont de Vénus puis débouttonner le reste... Normalement, il s'intalle à ce moment une certaine réciprocité dans la relation, une fois celle-ci atteinte, il suffit juste de lui demander si elle en a envie, et si elle dit non... Ahahah!!!! accroche-toi mon gars, ça peut durer longtemps! Si l'on sent que l'on a aucune chance de parvenir à ses fins, la laisser sur place, ça la fera réfléchir. Mais ça c'est pour les situations ou le jeune homme guide et doit guider la jeune fille, qui sans être forcément une salope, peut-être une fille bien, désirant se donner à celui qui la mérite. De toute évidence, là n'était pas mon cas. Car il s'agissait ni plus ni moins d'une de ces petites pouffes, plus obsédée qu'on ne m'accuse(à tord) moi-même de l'être, alors je n'ai rien eu à faire après la main entre les cuisses, c'est elle qui a baissé son pantalon et le reste sans que je lui demande, c'est aussi elle qui m'a proposé gracieusement un coït bucal... étonnée mais assurément fière d'être la première à m'en a offrir un. Je reprends donc mon récit.
25 secondes... Je ne compris pas pourquoi ce fut si cours, avant de supposer que si elle espérait davantage de moi, il ne fallait pas. La suite me mène aux toilettes où la lumière permet d'osculter rapidement l'hygiène de la concernée, ça reste quand même assez glauque. Mentant, je précise tout de suite que je n'ai pas ce qu'il faut et donc qu'il ne se passera rien, elle m'informe quand même qu'elle prend la pillule... Pauvre conne, j'avais moins peur de lui laisser un cadeau de neuf mois que d'en récupérer un autre laissé par un rugbyman peu scrupuleux. Malheureusement, elle ne le compris pas, et, face à mon refus catégorique, alla même jusqu'à me faire des propositions que je qualifierais de sodomites, là je commençais à m'inquiéter sérieusement... Et nous retournons à nos places, elle s'endort, et je réfléchis.
Je ne l'ai pas baisé, pas physiquement, car pour le reste, j'ai plus qu'abusé d'elle. Sans que je fasse le moindre geste pour obtenir ses faveurs, bien au contraire, restant constamment froid, elle s'est donnée à moi, après il ne restait plus rien à cette fille qu'elle n'ait déjà offert, dans ce sens, elle n'était plus rien du tout. Et tout cela par ma faute, moi qui l'aie passivement contrainte à abandonner toute retenue, car si je n'ai rien fait pour lui dérober sa vertu, je n'ai rien fait pour la préserver. Pour cela, je suis coupable. Je l'ai manipulé, pour la vider de toute valeur sans jamais en profiter. C'est peu-être bien pire que si je l'avais consumée. Alors ce dicton, complice de tant d'horreurs, m'est venu : "ce que le monde ignore ne peut faire de tord". J'ai donc préserver le secret en attendant de m'être repenti, et la repentance passa par une année complète d'abstinence la plus stricte. Abstinence que j'ai fait mienne durant toute une année. Et maintenant, j'en suis heureux, m'excusant tout de même auprès de celles qui ont cru pouvoir attendre(légitimement parfois) quelque chose de moi que je m'étais interdit.
Et pour mieux supporter cette abstinence, j'ai artificiellement provoqué ce que Stendhal nomme la cristallisation, ma cristallisation.
Je regrette vraiment cette époque où la séduction était un art... je suis un anachronisme